Bienvenue dans le musée du Trèfle Sportif Réaulais

1924 — Aujourd’hui

Un siècle
d’histoire sportive.

Le Trèfle Sportif Réaulais, c’est un siècle d’histoire sportive qui fait vivre la commune depuis 1924 jusqu’à aujourd’hui, au point de la rendre réputée pour son attractivité sportive et estivale.

Les archives du musée · Numéro spécial

Un club, un village, plusieurs générations.

Le blason du Trèfle porte 1924, année de l’affiliation de l’équipe de football. Les premières traces du ballon rond à Réaux remontent pourtant à 1916. Deux décennies plus tard, la piscine, le stade et le Centre culturel et sportif réunissent toutes ces histoires sur un même site.

Ce grand livre rassemble désormais la mémoire de la piscine, de la natation, du water-polo et du football. Les archives, les récits transmis par les dirigeants et les photographies d’équipes racontent un siècle de sport, de bénévolat et de fidélité aux couleurs rouge et blanc.

1916Premiers matchs à Réaux
1924Affiliation du football
1946La piscine ouvre
1963Coupe Aunis-Saintonge
2026100 ans du club, 80 ans du bassin
Équipe de football de Réaux en 1932-1933

Aux origines · La section football

Le ballon rond
dans la mémoire
du Trèfle.

Des chaussures militaires au premier ballon acheté à Cognac, de la Coupe de 1963 à la triple montée de 1988 : voici l’histoire footballistique de Réaux.

02 L’équipe de Réaux en 1932-1933.

Chapitre 01

La naissance du football

Avant le stade et le maillot rouge et blanc, quelques passionnés font vivre le ballon rond sur des terrains prêtés.

Dès 1916, Albert Pluchon rassemble à Réaux une première équipe sous le nom d’Association Sportive de Réaux. Il découvre les règles grâce aux journaux de l’époque et au livre Football Association de Paul Nicolas. Le premier ballon est acheté à Cognac : un ballon à lacet, alors appelé ballon à « nouette ». Pour jouer, les hommes chaussent encore leurs souliers militaires.

Cette première formation ne s’affilie pas à la Fédération française de football, mais dispute de nombreux matchs amicaux contre les villages voisins. Après deux saisons, Albert Pluchon rejoint la Sévigne de Jonzac, puis part au service militaire. À son retour, en 1924, il remonte l’équipe et l’affilie cette fois à la Fédération. Les matchs officiels commencent.

Pendant quatre ans, Albert Pluchon cumule les fonctions de capitaine, président et secrétaire. Sa camionnette UNIC transporte joueurs et supporters. Réaux accueille aussi des formations bordelaises réputées, dont la Bastidienne, le Sporting Club Bordelais et le Club Deportivo Espagnol. Les terrains sont prêtés par des propriétaires et changent plusieurs fois de place.

Après une nouvelle interruption, Edgar et Marc Jean, Mazouet, Raoul Renaud, Isembert, Faure et les instituteurs Puech, Sauvaget et Vignaud relancent le club en 1932. L’équipe obtient de bons résultats face à Nieul, Mosnac, Rochefort ou Royan. Elle tient trois saisons avant que les départs, puis la guerre, ne mettent de nouveau le football entre parenthèses.

En 1941, Louis Vallet, Jean Rideau, Roger Degryze et leurs camarades reforment la société. Elle devient l’Union Sportive Intercommunale Réaulaise, l’USIR, présidée par Charles de Belleville jusqu’en 1945 puis par Albert Pluchon jusqu’en 1951. Selon les saisons, l’équipe évolue en deuxième ou troisième division de district.

Le 23 mai 1947, une déclaration en sous-préfecture de Jonzac fait apparaître le nom de Trèfle Sportif Réaulais. L’objet de l’association réunit l’athlétisme, la natation, le football et l’éducation physique. La même année, le nouveau terrain complète la piscine et les courts de tennis : les différentes pratiques sportives peuvent enfin grandir sur un même site.

Chapitre 02

Bâtir l’impossible

À la sortie de la guerre, deux communes et tout un village se mobilisent pour creuser une piscine à la main.

Le premier embryon du futur Centre Culturel et Sportif apparaît en 1944, alors que l’occupation allemande n’est pas encore terminée. À l’initiative de Roger Perraud, deux terrains de tennis en terre battue sont aménagés et inaugurés. L’année suivante, André Bégouin, tout juste élu maire de Réaux, propose un projet autrement plus ambitieux : créer une « baignade » communale.

Le conseil municipal approuve l’idée à l’unanimité le 8 juillet 1945. André Bégouin, passionné de sport et marqué par les piscines qu’il avait observées en Allemagne pendant sa captivité, entraîne dans l’aventure Charles de Belleville, maire de Moings. Des crédits destinés au sport sont disponibles ; reste à trouver les bras, les matériaux et la méthode.

Plusieurs dizaines de prisonniers de guerre allemands, dépendant du camp de Montendre-Bussac, rejoignent les bonnes volontés locales. Certains sont logés au Pont de Réaux, d’autres dans le bourg ou dans des fermes. Sous la responsabilité d’Hubert Challard, garde champêtre et ancien militaire, ils participent aux travaux pendant l’hiver et hors des saisons agricoles.

L’excavation se fait entièrement à la main. Au fond, à presque quatre mètres, les hommes lancent la terre jusqu’à une première plate-forme ; d’autres la remontent encore avant qu’elle soit chargée dans de petits wagonnets « Decazeville ». La glaise est ensuite répandue sur le futur terrain de football, qui ouvrira en 1947 et conservera longtemps un sol spongieux.

MM. Bégouin, Perraud, Renaud et Vallet sillonnent la région pour trouver du ciment, de la ferraille et des moellons. Les approvisionnements viennent notamment de Royan, de Dordogne et de la carrière du bois de la Gâtine. Faute de tracteurs, des paires de bœufs brabants sont mises à contribution. M. Guiet dirige la maçonnerie, M. Ollivier dessine les plans et les entreprises locales prêtent matériel et savoir-faire.

À ceux qui redoutent de ne pas trouver assez d’eau, le jeune maire répond avec humour que l’on remplira le bassin « de pineau ». Deux projets sont étudiés avant de retenir la disposition définitive : deux bassins et un plongeoir placé dans leur axe.

« On la remplira de pineau. »La réponse d’André Bégouin aux sceptiques du projet

Au début de l’été 1946, les bassins sont prêts. Avant même l’inauguration, les enfants de l’école apprennent gratuitement à nager avec M. Aupy. Une simple planche, sur laquelle on s’allonge à plat ventre, remplace alors les bouées qui n’existent pas encore.

Le dimanche 4 août 1946, Réaux inaugure officiellement sa piscine. Courses de natation, démonstration de water-polo et concours de plongeons se succèdent devant une foule considérable. Le plongeur rochelais Loechar, que les enfants surnomment « L’eau chaude », participe au spectacle. M. Aupy devient le premier maître-nageur d’une longue lignée.

Très vite, le bassin dépasse les limites de la commune. Jusqu’à huit municipalités y conduisent leurs élèves : près de 900 enfants, pour un territoire qui compte alors environ 2 700 habitants, viennent apprendre à nager à Réaux. La piscine est déjà bien plus qu’un équipement : elle est un service public, un terrain d’apprentissage et un lieu de rencontre.

Chapitre 03

Naissance du club

Natation, football, water-polo et éducation physique grandissent sous le même trèfle.

Dès 1947, le terrain de football complète les tennis et la piscine. L’histoire sportive locale possède plusieurs racines : l’Union Sportive Intercommunale Réaulaise existe depuis 1941 et est agréée en 1942 ; après la naissance de la piscine, le Trèfle Sportif Réaulais est déclaré en préfecture de Jonzac avec pour objet l’athlétisme, la natation, le football et l’éducation physique.

La section natation ne vit alors que deux mois et demi par an, de la mi-juin à la fin août. Cette saison courte n’empêche pas l’ambition. En 1950, le club s’affilie à la Fédération française de natation et Henri Monmège entraîne la première équipe de water-polo.

Les jeunes de Réaux et de Moings apprennent rapidement les règles et les gestes de ce nouveau sport. En 1956, une équipe composée principalement de joueurs ruraux devient championne du Centre-Ouest de deuxième division. Elle se mesure aux clubs de La Rochelle, Saintes, Angoulême, Limoges, Poitiers, Châtellerault ou Melle : un exploit remarquable pour une petite commune.

Le départ d’Henri Monmège pour Saint-Jean-d’Angély fragilise l’équipe, mais les passionnés continuent. Lorsqu’il revient quelques années plus tard, il est accompagné de nouvelles recrues. Son épouse crée de son côté un ballet nautique, présenté comme le premier ballet mixte de France.

Le Centre Culturel et Sportif s’agrandit autour du bassin. Les paniers du terrain de basket sont forgés par Roger Braudeau. En 1962, l’entresol de la future salle des fêtes accueille la salle des machines et les vestiaires de la piscine. En 1964, la salle des fêtes proprement dite est achevée ; elle compte alors parmi les plus vastes de la région.

En 1963, la piscine reçoit les critériums du Centre-Ouest. Depuis les plongeoirs, les terrasses et la grande salle qui domine les bassins, Réaux s’installe durablement sur la carte de la natation régionale.

Chapitre 04

Des titres à la Ligue

Les jeunes ouvrent la voie, les seniors gravissent les divisions et la Coupe Aunis-Saintonge entre dans la légende.

À la fin de la saison 1951-1952, sous la présidence de Roger Perraud, l’équipe devient championne de troisième division de district. Elle ne s’incline que 3 à 2 à La Roche-sur-Yon en finale du Centre-Ouest et monte en deuxième division. Après une relégation, elle demeure trois saisons au niveau inférieur.

L’avenir se prépare avec les plus jeunes. Entre 1953 et 1957, l’équipe minime montée par Raoul Renaud brille en coupe et en championnat et devient championne départementale. Quand les départs au service militaire mettent les seniors en sommeil pendant la saison 1956-1957, cette génération entretient l’élan du club.

La venue de Garcia et de Claude Perreaud, en provenance de Pons, permet un nouveau départ en 1957-1958. Dès cette première saison, Réaux devient champion du district Aunis-Saintonge et monte en deuxième division. À la fin de l’exercice 1959-1960, le club accède à la Promotion de première division. L’instituteur surnommé « Yoyo » apporte ensuite sa technique, sa combativité et un dévouement resté dans les mémoires.

La saison 1962-1963 s’achève en apothéose. En finale de la Coupe Aunis-Saintonge à Montendre, Réaux est d’abord mené par Chepniers. Claude Perreaud égalise, puis l’équipe prend l’avantage avant de sceller sa victoire en fin de rencontre. Score final : 3 buts à 1, devant une foule massée autour du terrain. Ce succès accompagne l’accession en première division.

Pierre Piton préside le club de 1957 à 1964, avant de transmettre à André Roy. Réaux remporte sa poule de première division en 1966-1967 et monte en Promotion de Ligue. Après une relégation, le même parcours est répété en 1968-1969. Le club se maintient alors deux saisons en Ligue.

Jacques Perreaud, capitaine, Henri Édouard, gardien, et leurs coéquipiers signent aussi une belle campagne en Coupe du Centre-Ouest : victoires contre Ruffec à Réaux, puis contre les PTT de Limoges à l’extérieur, avant un quart de finale perdu face à Montmorillon. Pour le village, ces années installent durablement le football réaulais parmi les références du district.

Les joueurs de Réaux portant la Coupe Aunis-Saintonge après la finale de 1963 à Montendre

Finale · Montendre

3—1

La Coupe Aunis-Saintonge 1963

Victoire contre Chepniers. Michel Bouteville, Claude Normand, Claude Perrault, Michel Bergin, Yves Fuseau, Manuel Diez, Jacques Perrault, capitaine, et M. Giraud figurent sur la photographie de la sortie du terrain.

Chapitre 05

Les années héroïques

Les voyages, les titres et l’engagement de Raoul Renaud puis d’Yvonne Destouches installent le club dans la durée.

En 1969, Gérard Destouches, formé au club, prend la direction de l’équipe. Jean-Marie Vergne devient maître-nageur en 1970 ; Gilles Destouches lui succède en 1971 et occupe le poste jusqu’en 1982, à l’exception de l’été 1978.

L’été 1971 marque la venue du Royal Verviers Natation, champion de Belgique cette année-là. Les fanions sont échangés et les liens noués avec la Belgique vont nourrir pendant des années les voyages sportifs du Trèfle.

En 1975, l’équipe de water-polo remporte le championnat du Centre-Ouest Honneur devant Angoulême et Thouars, après avoir échoué en finale l’année précédente. La même année, le vieux solarium en bois laisse place à un ouvrage en béton. Sous celui-ci sont aménagés quatre vestiaires avec douches pour le football. Un golf miniature rejoint les tennis et, au début des années 1980, un court en « quick » complète encore le site.

Après avoir présidé le club depuis ses origines et transmis sa passion à son fils Jean-Claude, dit « Coco », Raoul Renaud quitte ses fonctions en 1975. Yvonne Destouches lui succède en 1976, avec Jean-Claude Renaud comme secrétaire. Elle restera aux commandes pendant vingt ans.

À la fin de l’été 1976, poloïstes et nageurs voyagent à Verviers, puis rencontrent Saint-Dizier sur le chemin du retour. En 1977, un nouveau déplacement conduit le club jusqu’à Hyères et sa piscine olympique. L’équipe minimes devient championne de Charente-Maritime en 1977 puis en 1978.

En 1979, le club quitte la FFN. Deux mois d’entraînement dans une eau parfois à 17 ou 18 degrés ne permettent pas de rivaliser avec les structures qui préparent leurs nageurs dès le printemps. L’UFOLEP propose une formule plus adaptée aux clubs d’été, mêlant natation, sauvetage, natation synchronisée et water-polo.

Le choix est immédiatement récompensé : titres départementaux en 1979, 1980, 1981 et 1982. Le troisième succès permet de conserver définitivement le premier trophée. En 1982, Rodolphe Destouches, âgé de seulement dix-huit ans, rejoint Jean-Claude Renaud dans l’encadrement et prolonge la chaîne de transmission.

Chapitre 06

L’âge des exploits

Une nouvelle génération prend le relais, jusqu’à faire monter les trois équipes seniors au cours de la même saison.

En 1976, l’équipe remporte le premier « ballon Suze », récompense offerte au club ayant réalisé la meilleure performance dominicale. L’année suivante, André Chainier succède à André Roy à la présidence. Appuyée sur les jeunes formés au club, sur les anciens Claude Perreaud, Michel Perault et Gérard Renaud, ainsi que sur les buteurs Thierry Chainier et Gilles Destouches, l’équipe gagne sa poule en 1981 et retrouve la Promotion de Ligue.

En 1982, après la démission d’André Chainier et faute de candidat, les joueurs choisissent Gilles Destouches pour présider le club. Il conservera cette fonction pendant vingt-sept ans. La génération née en 1963, 1964 et 1965, sacrée championne départementale junior en 1983 face à Aigrefeuille, prépare le rebond après la relégation de 1985-1986.

La saison 1987-1988 devient un millésime exceptionnel : les trois équipes seniors, A, B et C, montent de division en même temps. Pour un village de moins de cinq cents habitants, l’exploit est rare. Dirigeants, joueurs, arbitres, parents et bénévoles partagent cette réussite collective.

La première équipe poursuit son ascension et atteint l’Excellence, plus haut niveau départemental, à la fin de la saison 1989-1990. Elle y reste deux saisons. En 1991, les vétérans remportent la Coupe Aunis-Saintonge contre Périgny, 2 à 1, après avoir éliminé Marennes en demi-finale.

Les jeunes écrivent eux aussi leur palmarès. Les pupilles atteignent deux fois de suite la finale de la Coupe à 7 et la gagnent en 1995. En 1996-1997, l’équipe première devient championne de première division et retrouve l’Excellence. Pendant toute la décennie 1991-2001, le Trèfle aligne jusqu’à quatre équipes seniors, un autre record pour le club.

« 1988 : l’exploit »Les équipes A, B et C montent ensemble
Article de presse de 1973 retraçant l’histoire du football à Réaux
20 1973. La presse locale retrace déjà plus d’un demi-siècle de football dans la commune.
Panneau d’archives photographiques consacré au football et aux équipes du Trèfle Sportif Réaulais
21 Le panneau de mémoire rassemble les équipes de 1957 aux années 1990.
Chapitre 07

Tenir, voyager, transmettre

Quand les compétitions s’éloignent, le Trèfle se réinvente autour des rencontres amicales et des grandes fêtes du club.

À partir de 1983, les distances séparant les clubs de Haute-Saintonge de ceux d’Aunis rendent les déplacements officiels trop longs et trop coûteux. Le Trèfle se retire des compétitions. En 1984, un petit groupe de nageurs vient toutefois renforcer Jonzac et contribue à un nouveau titre départemental.

Jusqu’en 1988, Réaux se concentre sur les rencontres amicales avec Jonzac, Archiac, Chevanceaux, Mirambeau, Montendre ou Montguyon. Chaque été, le club organise une grande journée de natation inspirée du modèle UFOLEP.

Rodolphe Destouches devient maître-nageur à Réaux en 1989 et le reste jusqu’en 1995. À domicile, le club mobilise nageurs, vétérans et jeunes usagers de la piscine pour former d’impressionnantes « armadas ». En 1993, les effectifs atteignent soixante-dix nageurs ; ils sont encore cinquante à l’entraînement en 1994 et soixante-dix-neuf en 1995.

Les voyages maintiennent l’esprit d’aventure. En 1989, natation et football retournent en Belgique : match de football au FC Heusy et water-polo près de Verviers. En 1994, les plus jeunes découvrent le mini-polo grâce à de nouveaux buts ; à la fin de l’été, nageurs et footballeurs partent ensemble à Fréjus. Corinne Thomazeau relance aussi la tradition du ballet nautique.

Fin 1995, Yvonne Destouches quitte la présidence après vingt années. Son fils Rodolphe, maître-nageur et entraîneur, lui succède. En 1996, la piscine célèbre son cinquantenaire : quatre-vingts nageurs âgés de 5 à 76 ans se relaient pendant vingt-quatre heures et parcourent ensemble 56 kilomètres.

Après quelques années plus difficiles, un voyage sur la Côte d’Azur réunit de nouveau footballeurs et nageurs en 1999. La fermeture définitive de la piscine d’été de Jonzac amène ensuite de nombreux jeunes vers Réaux. Les effectifs remontent jusqu’à dépasser plusieurs années la centaine d’adhérents.

En 2000, la piscine est profondément rénovée sous le mandat de Guy Belloteau. De nouvelles machines et un chauffage au fuel permettent de tempérer les bassins. L’entrée est déplacée en haut du site et de nouveaux locaux rassemblent la cabine du maître-nageur, l’infirmerie, le bar, la caisse, les sanitaires et les cabines.

Chapitre 08

Cinq grands chelems

Le nouveau siècle débute par une série de saisons presque parfaites et une vie de club foisonnante.

Porté par l’afflux de jeunes nageurs, le Trèfle remporte toutes les compétitions estivales auxquelles il participe en 2001, 2002, 2003 et 2004. En septembre 2002, vingt membres du club nagent pour accueillir le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin lors de l’inauguration des Antilles de Jonzac.

À la fin de la saison 2003, les anciens d’Angoulême retrouvent Réaux. Un match de gala précède les rencontres entre équipes seniors, jeunes et vétérans. En 2005, un cinquième grand chelem permet au club de conserver définitivement le trophée de la communauté de communes.

Cette domination a aussi son revers. À partir de 2006, les effectifs diminuent et la météo défavorable pèse sur les saisons. Les clubs voisins disparaissent peu à peu : Jonzac après la fermeture de sa piscine d’été, puis Archiac, Mirambeau et Montendre.

La vie sportive ne s’arrête pourtant pas aux classements. Le « Trèflathlon », créé par Christian « Cancan » Renaud puis prolongé par Alain Ferchaud et Philippe Ceccarello, mêle les disciplines. Brevets au long cours, tests de la natation française, exercices de sauvetage, ouvertures nocturnes avec grillades et voyages à Aqualand complètent la saison. Organisées avec le football, certaines sorties réunissent jusqu’à 120 participants.

Chapitre 09

Fidélité et transmission

Après les records d’effectif et les passages en Excellence, le club s’appuie de nouveau sur la formation et la fidélité de ses dirigeants.

En 2003-2004, le Trèfle devient une nouvelle fois champion de première division et retrouve l’Excellence pour la troisième fois. Cette saison-là, le club compte 170 licenciés, son record. De 1997 à 2005, une équipe junior alimente progressivement les seniors, notamment grâce aux générations nées entre 1980 et 1983.

Le palmarès s’enrichit encore en 2005 avec un titre de champion départemental de futsal. Mais les saisons suivantes sont plus difficiles : la baisse du nombre de joueurs et plusieurs relégations ramènent l’équipe jusqu’en quatrième division.

Après une saison de présidence assurée par Cyril Barret, dit « Bib », Patrick Lassalle prend le relais en 2010. Arrivé au club comme joueur en 1979, il connaît l’importance de la continuité. Sous l’impulsion d’Éric Bénard, le nouveau groupe enchaîne deux montées et réintègre la deuxième division départementale.

La réserve connaît elle aussi des périodes délicates, mais le club continue d’accueillir les plus jeunes, des U6-U7 jusqu’aux U12-U13. Les ententes en U14-U15 puis U16-U17 permettent à une nouvelle génération, née autour de 2002, de grandir sous les couleurs du Trèfle.

Le récit historique remis au musée en avril 2021 se termine sur cette promesse de relève. Elle résume une constante de l’histoire réaulaise : lorsque les effectifs baissent ou que les divisions se font plus modestes, le club repart de la formation, du bénévolat et de la fidélité au maillot rouge et blanc.

Les grandes dates

Palmarès football

1951-1952Champion de troisième division de district

1956-1957Champion de Charente-Maritime minimes

1957-1958Champion de troisième division de district

1962-1963Coupe Aunis-Saintonge seniors

1966-1967Champion de première division, montée en Promotion de Ligue

1968-1969Champion de première division, montée en Promotion de Ligue

1980-1981Champion de première division, montée en Promotion de Ligue

1983Champion de Charente-Maritime juniors

1987-1988Triple montée des équipes seniors A, B et C

1989-1990Champion de première division, montée en Excellence

1991Coupe Aunis-Saintonge vétérans

1995Coupe Aunis-Saintonge pupilles à 7

1996-1997Champion de première division, montée en Excellence

2003-2004Champion de première division, montée en Excellence

2005Champion départemental de futsal

Chapitre 10

Le réseau Sud

De nouvelles rencontres, de nouveaux maîtres-nageurs et le retour des grandes victoires font repartir les effectifs.

En 2008, le club rejoint le circuit du Sud aux côtés de Chevanceaux, Saint-Aigulin, La Roche-Chalais et Les Églisottes. Les débuts se font avec vingt à trente nageurs, loin des records passés, mais la qualité et l’envie sont toujours là.

Les liens créés par les maîtres-nageuses Magali, en 2008 et 2009, puis Sandra, de 2011 à 2015, ouvrent également les fins de saison à une sélection de joueurs de Saint-Jean-d’Angély, La Rochelle et Melle. Dès 2010, le Trèfle retrouve la victoire à Réaux, puis à Mirambeau et Montendre.

À partir de 2014, les Bisons Mellois deviennent les interlocuteurs réguliers des poloïstes réaulais. En 2015, après avoir accueilli Saint-Bruno Bordeaux, le club est invité au tournoi d’Audenge et termine l’été par des victoires face à Nantes, Bordeaux puis Paris-Montmartre.

Le water-polo prend aussi une dimension hivernale : premier déplacement à Bordeaux en janvier 2016, rencontres régulières avec l’Union Saint-Bruno et arrivée de Nantes-Rezé. À partir de 2017, le cap des cent adhérents est de nouveau franchi entre nageurs et poloïstes.

L’été 2018 confirme le renouveau. Réaux gagne à La Roche-Chalais pour la première fois depuis 2010, devance Saint-Aigulin, puis s’impose à domicile. Lors de la dixième rencontre avec les joueurs de Melle, Saint-Jean et La Rochelle, l’équipe locale obtient enfin sa première victoire, 8 à 7.

Chapitre 11

Quatre villes, 75 ans

Une saison interrégionale exceptionnelle précède la première fermeture du bassin et ses retrouvailles avec le public.

En 2019, l’équipe confirme son essor. Réaux s’impose à domicile et bat Nantes-Rezé, une sélection girondine réunissant Saint-Bruno, Villenave-d’Ornon et La Teste-de-Buch, puis la Nationale 3 de Melle sur le score de 7 à 6.

Grâce à la possibilité de s’entraîner l’hiver aux Antilles de Jonzac sous licence water-polo, les déplacements se multiplient : La Teste-de-Buch, Bordeaux-Valin, Limoges puis Nantes-Rezé en septembre. À la Toussaint, l’équipe traverse la France pour affronter Mulhouse.

Dans la piscine olympique de l’Ill, les Réaulais s’imposent 12 à 11. L’année se termine ainsi par quatre victoires contre quatre grandes métropoles : Bordeaux, Nantes, Limoges et Mulhouse. Pour une commune de cette taille, le symbole est immense.

En 2020, alors que le conseil municipal hésite déjà à ouvrir à cause de la crise sanitaire, une fuite d’environ cent mètres cubes par jour impose finalement la fermeture. Pour la première fois depuis 1946, la piscine ne connaît pas de saison estivale.

Au printemps 2021, une entreprise spécialisée pose une double couche de fibres de verre dans le petit bassin. La piscine rouvre début juillet. Le 14 août, près de quatre-vingts habitants célèbrent les soixante-quinze ans de la « vieille dame ». Un projet de chauffage par géothermie est alors à l’étude.

En septembre 2021, les poloïstes retrouvent la compétition lors d’un tournoi en eau libre dans le bassin d’Arcachon. La longue chaîne commencée avec Raoul Renaud, poursuivie par Jean-Claude Renaud, Yvonne Destouches, Rodolphe Destouches et tant d’autres bénévoles, continue de relier les générations.

Chapitre 12

Le double anniversaire

En 2026, une même soirée célèbre les 100 ans du Trèfle Sportif Réaulais et les 80 ans de la piscine municipale de Réaux.

Le samedi 8 août 2026, le club et la commune réunissent leurs deux histoires lors d’une soirée spéciale au Centre culturel et sportif de Réaux-sur-Trèfle. Le Trèfle Sportif fête ses 100 ans tandis que la piscine municipale célèbre ses 80 ans.

Présentée sous le nom « Le Trèfle Sportif Show », cette célébration commune marque un nouveau repère dans la mémoire locale. Elle rappelle que le club, le bassin et le site sportif ont grandi ensemble, portés par plusieurs générations de nageurs, de poloïstes, de footballeurs, de dirigeants et de bénévoles.

Quatre-vingts ans après l’ouverture de la piscine, le même lieu continue ainsi de rassembler les habitants. Le double anniversaire de 2026 prolonge l’aventure collective commencée au siècle précédent et fait entrer le Trèfle Sportif Réaulais dans un nouveau chapitre de son histoire.

L’histoire continue

Une histoire vivante

Après le double anniversaire de 2026, la natation, le water-polo et le football prolongent cet héritage. Derrière chaque entraînement, chaque match et chaque manifestation demeure la même idée : transmettre le goût du sport et faire vivre le club ensemble.